Lettre Ouverte.

Salut chère lectrice (ou lecteur d’ailleurs),

Aujourd’hui je ne t’écris pas sur le même ton que d’habitude. Eh non, aujourd’hui j’ai le cœur lourd.
A l’heure où je te parle, je ne suis même pas sûre de poster cet article, peut être qu’il va même finir à la corbeille juste après la fin de sa rédaction.
Mais j’ai besoin d’écrire ce que je ressens, alors je me lance, je pianote sur mon clavier dans l’espoir de me sentir plus légère.

Ce mariage, j’en ai envie. Plus que tout au monde. C’est ce qui me fait vivre en ce moment, me dire qu’en Septembre prochain, le Geek et moi seront mari et femme.
J’adore organiser chaque détail, de penser à tout pour essayer de faire de cette journée la plus belle de toute ma vie, la plus belle de nos vies.
Je suis heureuse quand je suis dans cette petite bulle féerique de fleurs, de robe blanche et d’amour. Peut être même trop heureuse.
C’est très certainement la première fois de ma vie que je suis aussi heureuse.
Tu me diras, que c’est génial d’être heureuse de faire des projets, d’organiser de jolies choses, d’être tous les jours un peu plus amoureuse de la personne à qui j’ai promis d’être la partenaire pour toute la vie. Oui, c’est vrai c’est génial. MAIS…
Parce qu’il y a toujours un « mais », une zone d’ombre, une tâche qui vient noircir le tableau.
Je me sens seule. Heureuse mais seule, extrêmement seule.

Se marier à la vingtaine, c’est une grande aventure.
Mais j’ai parfois l’impression que c’est une trop grande aventure pour la petite fille qui est en moi.
Cette petite fille qui flippe à l’idée de devenir une adulte. Une adulte qui se projette dans le future, qui planifie la vie qu’elle va avoir pour les 50 voir 60 prochaines années à venir.
Ça donne le vertige.

Se marier à la vingtaine, c’est creuser un fossé.
C’est avancer plus vite que les autres dans la chronologie d’une vie.
C’est se stabiliser, se normaliser pendant que les autres sont en cours, en soirées, vivent leur jeunesse et profitent de leur vie de vingtenaire.
C’est organiser une journée un an à l’avance, alors qu’eux vivent au jour le jour.

Se marier à la vingtaine, c’est se projeter dans l’avenir.
C’est se faire à l’idée, que la suite logique c’est un bébé (Maman, fais pas de crise cardiaque, pas dans l’immédiat…).
C’est se dire qu’en fait, ce qu’on veut c’est être femme au foyer pendant que d’autres font des plans de carrières (quand je te parlais de fossé…).

Se marier à la vingtaine, c’est s’éloigner des gens qu’on aime.
C’est inévitable, mais c’est la vie.
C’est penser à soi, apprendre à être égoïste alors que je suis quelqu’un de très altruiste de nature.
C’est faire passer son bonheur avant celui des autres et de ce fait s’éloigner sans même s’en rendre compte de personnes qui comptent sur et pour moi.

Ce n’est clairement pas facile de se marier à la vingtaine, mais je pense que le jeu en vaut la chandelle.
Mais se marier à la vingtaine, c’est grandir.
Et accepter de grandir si vite, c’est une sacré étape à surmonter.

A très vite,

ESTHER.

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